
…le CO2 atmosphérique?
Si l’on en croit de nombreux scientifiques, l’augmentation du taux de dioxyde de carbone (CO2) dans l’air joue un rôle majeur dans le processus de changement climatique. Connaître la concentration de ce gaz autour de l’Arctique, une zone vierge de toute émission au mois d’avril, est donc utile pour dresser un état des lieux complet de la planète. C’est pourquoi le ballon « Generali Arctic Observer » a été équipé d’une sonde à CO2, dont les mesures ont été transmises aux chercheurs du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (CEA-CNRS) pour qu’ils affinent leurs modèles de circulation des masses d’air et des gaz à effet de serre à l’échelle du Globe.
…le magnétisme terrestre ?
Le déplacement du pôle Nord magnétique vers l’Est s’est accéléré depuis quelques années. Il migre aujourd’hui de 60 à 80 kilomètres par an, contre seulement 10 à 20 km il y a plusieurs décennies. Une telle accélération s’accompagne généralement d’une baisse d’intensité du champ magnétique terrestre. Or celui-ci est important car il joue un rôle de bouclier contre les radiations du soleil. Afin de mieux appréhender ce phénomène, et ses conséquences sur notre environnement, Jean-Louis Etienne a embarqué un magnétomètre de haute précision fourni par le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) et le Laboratoire d’Electronique et de Traitement de l’Information du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA). Un instrument identique à ceux dont sera équipé le satellite européen Swarm, dont le lancement pourrait avoir lieu en 2011.
…les particules en suspension ?
Le pôle Nord est la « poubelle » de l’hémisphère Nord. On y retrouve en effet une partie des poussières microscopiques (aérosols) provenant des pots d’échappement et des fumées d’usines des pays industrialisés, qui sont acheminées jusqu’à là-bas par les courants atmosphériques.
Ces particules refroidissent certes la basse atmosphère, mais elles participent aussi à l’augmentation globale de la température de notre planète (du fait de la présence de particules absorbantes comme les suies). D’où l’idée de Jean-Louis Etienne d’évaluer la quantité et la nature chimique des particules présentes au-dessus de l’Arctique à l’aide d’un photomètre solaire portable et d’un piège placé sous le ballon.
Les mesures obtenues ont été mises à la disposition des classes qui participent au projet éducatif Calisph’Air, dont l’objectif est de faire comprendre le rôle de l’atmosphère dans la machine climatique.
…l’ozone?
L’ozone (O3) est un composant clé de l’atmosphère, bien qu’il y soit présent en très petite quantité. Son effet est différent selon sa localisation.
Le « bon » ozone réparti dans la stratosphère, qui représente environ 90% de l’ozone total, absorbe les rayonnements UV nocifs à haute dose pour les êtres humains. C’est la destruction de cet ozone par le chlore (CFC..), surtout au-dessus des pôles au redémarrage de l’activité solaire, qui est responsable du fameux trou d’ozone.
Le « mauvais » ozone de la troposphère est, quant à lui, à l’origine des épisodes de pollution que nous connaissons lors des périodes de fort ensoleillement. Comme cet ozone est transporté par de forts courants horizontaux jusqu’à l’Arctique, il était intéressant de chercher à mesurer sa concentration là-bas. C’est la raison pour laquelle Jean-Louis Etienne avait emporté avec lui un ozonomètre portable, développé dans le cadre du programme scientifique et éducatif Globe. Ses mesures sont également à la disposition des classes Calisph’Air qui font leurs propres mesures au sol et les comparent avec les données enregistrées par satellites afin de saisir l’origine des pics d’ozone et évaluer la manière dont ce polluant se propage.
Pour en savoir plus :
http://smsc.cnes.fr/SWARM/PDF/CNES-Poster_MAGNETIQUE1.pdf
http://www.cnes.fr/web/CNES-fr/7167-calisph-air.php
http://www.globe.gov (en anglais)
