

Les végétaux ne sont pas les plus à plaindre. Malgré les ravages de la déforestation qui grignote les forêts de l’hémisphère Sud (voir fiche Comment la déforestation participe-elle au réchauffement climatique ?), les arbres prospèrent plutôt bien dans l’hémisphère Nord où le couvert forestier s’étend d’environ 1% par an depuis deux siècles. Et avec le changement climatique, cette évolution va se poursuivre dans la mesure où l’augmentation de la concentration en CO2 de l’atmosphère stimule leur croissance : ils poussent plus vite et gardent leur feuillage plus longtemps. En Lorraine, par exemple, les hêtres grandissent désormais de 45 cm par an, contre 30 cm il y a cent ans. Tout n’est pas rose cependant, car l’envolée du thermomètre favorise aussi les parasites qui leur transmettent des maladies. Et le bois formé plus vite est souvent de moins bonne qualité.
Autre conséquence, non moins importante : le déplacement géographique de nombreuses espèces qui affectionnent la fraîcheur. Certaines commencent déjà à déménager vers des altitudes ou des latitudes plus élevées. Des champignons naguère inféodés au pourtour méditerranéen ont ainsi été repérés depuis peu dans le Pas-de-Calais. De même, les chênes et les oliviers progressent vers le Nord. À terme, ces migrations risquent de modifier en profondeur la végétation de certaines régions et, par conséquent, de perturber leurs écosystèmes puisque les végétaux servent de nourriture ou d’abri à beaucoup d’animaux. Plus de 200 insectes vivent par exemple en association exclusive avec le chêne pédonculé. Ce dernier les entraînera dans son sillage au fur et à mesure de la montée des températures.
Merci au CNES et à Carboschool pour leur collaboration.
Pour en savoir plus :
