
Pour freiner l’envolée de la concentration atmosphérique en dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz à effet de serre (GES) incriminé dans le processus de réchauffement climatique, il y a deux solutions : arrêter définitivement d’en émettre ou le capter pour le stocker sous terre afin de neutraliser son impact délétère (voir fiche Comment le CO2 accroît-il l’effet de serre ?). La seconde option semble plus probable à court et moyen terme, même si nombre de personnes, d’entreprises et de pays redoublent d’efforts pour réduire leurs émissions de GES.
Plusieurs projets industriels visant à séquestrer dans le sol du CO2 dégagé par l’activité de centrales électriques ou de hauts-fourneaux sont en cours d’expérimentation. En France, la société Total teste l’enfouissement de dioxyde de carbone liquéfié dans un gisement désaffecté de gaz naturel (à Rousse). Surmonté d’une couche d’argile et de marne de deux kilomètres d’épaisseur, ce site est supposé suffisamment étanche pour éviter la remontée en surface des 120 000 tonnes de CO2 qui y seront enterrées. Le résultat sera connu d’ici à 2015. Alstom a mis en service une installation pilote similaire aux Etats-Unis (en 2009, en Virginie) et devrait en démarrer une autre en Norvège en 2014. Et le pétrolier Statoil a également plusieurs gros projets en cours.
Si cette technologie s’avère fiable, elle pourrait servir - selon les experts du Giec - à neutraliser les émissions des quelques 7 000 usines de la planète qui rejettent chacune plus de 100 000 tonnes de CO2 par an. Mais encore faudrait-il pour ce faire identifier suffisamment de sites géologiques susceptibles d’héberger sans risques (tremblement de terre, fuite de gaz…) des milliards de tonnes de CO2. Un véritable défi à relever pour les années à venir.
Pour en savoir plus
http://www.brgm.fr/brgm/CO2/presentation.htm
