
Toutes les régions ne seront pas logés à la même enseigne. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue), l’augmentation des températures pourrait réduire la production agricole de près d’un tiers dans les zones tropicales en raison du dessèchement des sols et des risques accrus d’inondation. À l’inverse, certains territoires aujourd’hui incultivables, comme les grandes plaines glacées de Sibérie, seraient gagnantes : elles pourraient accueillir des productions agricoles suite au dégel du permafrost.
Dans les pays tempérés comme la France, la situation serait moins contrastée. Jusqu’en 2100, les rendements pourraient même augmenter, sauf près de la Méditerranée. Celui de la betterave s’est par exemple déjà accru de 50% depuis 30 ans ! Mais des perturbations importantes restent à prévoir, tel le décalage des cycles de culture et la migration de plusieurs espèces cultivées.
En quelques décennies, la récolte du blé a déjà dû être avancée de deux à trois semaines. La floraison des arbres fruitiers est aussi plus précoce : huit jours pour le pommi
er et dix jours pour le poirier, ce qui les expose davantage aux gels de printemps. Les vendanges sont également anticipées. En Champagne, elles ont lieu quinze jours plus tôt qu’il y a vingt ans. Si la hausse des températures se poursuit, elles devront encore être avancées. La qualité du vin sera également modifiée. En effet, avec la chaleur, le taux de sucre s’accroît dans le raisin, ce qui élève le degré d’alcool des vins. Les viticulteurs devront en outre changer de cépages ou s’installer plus au Nord, au risque de perdre leur appellation d’origine contrôlée (AOC). Dans le Sud de la France, en revanche, de nouvelles cultures pourraient élire domicile, comme celle du sorgho ou du coton.
Un changement des pratiques agricoles est donc indispensable pour s’adapter à la nouvelle donne climatique, mais aussi pondérer l’impact de l’agriculture – aujourd’hui non négligeable - sur le réchauffement climatique.
En savoir plus :
http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosbiodiv/index.php?pid=decouv_chapC_p7_d1&zoom_id=zoom_d1_4
http://www.lhebdoduvendredi.com/Le-champagne-aime-le-chaud
http://www.terragricoles-de-bretagne.fr/actualites/environnement-interview-de-bernard-seguin-specialiste-du-climat-a-l-inra-un-rechauffement-inferieur-a-3-c-reste-gerable&fldSearch=:G7XJDIL1.html

