
À toute chose, malheur est bon ? En janvier 2010, l’Institut météorologique finlandais a annoncé que le Sud et la côte Ouest du pays ne connaîtraient plus d’hivers très rigoureux (marqués par des températures négatives) d’ici à la fin du siècle, si les températures s’élevaient effectivement de 2 à 6°C comme le prévoient nombre d’experts. Pour les Finlandais, le réchauffement pourrait donc être une aubaine. Les compagnies de transport maritime se frottent également les mains, dans la mesure où la fonte de la banquise ouvrirait de nouvelles voies navigables, plus courtes, reliant les océans Atlantique et Pacifique via l’océan Arctique. Le trajet Rotterdam-Tokyo ne ferait ainsi plus que 14 000 Km, contre 21 000 Km aujourd’hui (en passant par le Canal de Suez).
Les compagnies pétrolières du monde entier pourraient aussi tirer profit du réchauffement, puisque le sous-sol arctique recèle des gisements qu’ils pourront exploiter dès que le climat se sera adouci (voir fiche Pourquoi parle-t-on de « ruée vers l’or » au pôle Nord). Les autorités russes lorgnent quant à elles sur leurs immenses plaines gelées de Sibérie, qui deviendraient cultivables dès que le permafrost aura fondu. Et les Écossais se réjouissent déjà à l’idée de planter des vignes autour du Loch Ness.
Ces bénéfices apparents cachent cependant une réalité funeste. Si la fonte des glaces libère de nouveaux territoires exploitables, elle accélère aussi le réchauffement car les rayons du soleil ne seront plus reflétés par la banquise mais absorbés par le sol laissé à nu. De même, le dégel du permafrost sibérien et canadien risque de larguer d’énormes quantités de méthane (un ges.html" target="_blank">gaz à effet de serre) qui sont aujourd’hui stockées dans le sol (voir fiche Pourquoi la fonte du permafrost est-elle inquiétante). Et d’accélérer l’érosion des rives de grands fleuves russes, comme la Lena, ce qui créerait des inondations majeures.
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