
Plus de la moitié du dioxyde de carbone (CO2) dû aux activités humaines n’est pas définitivement largué dans l’atmosphère mais absorbé par les océans et la végétation de notre planète. Sans ces écosystèmes, le réchauffement climatique aurait été plus rapide et plus intense qu’il ne l’a été jusqu’à présent. Ils forment donc ce que l’on appelle des « puits de carbone » naturels.
Les mers et les océans, qui couvrent plus des deux tiers de la surface de la Terre, emmagasinent à eux seuls près de 26% des rejets de CO2 liés à la combustion des énergies fossiles (gaz, pétrole et charbon) et à la déforestation. Ils ont ainsi joué un rôle d’amortisseur important. Mais leur capacité de stockage n’est pas illimitée car, à force d’absorber du CO2, leur équilibre chimique se modifie. Leurs eaux deviennent de plus en plus acides, ce qui perturbe la vie marine (voir fiche Comment le CO2 de l’atmosphère perturbe-t-il la vie des océans) et diminue progressivement leur aptitude à absorber du CO2, et donc à ralentir le processus de réchauffement.
Les forêts, qui séquestrent plus du quart des émissions de CO2,, sont également des puits de carbone importants. Véritables poumons de notre planète, elles produisent en outre une part significative de l’oxygène terrestre. Mais, hélas, elles régressent à vive allure du fait de la déforestation. Depuis 1990, la surface de la forêt tropicale s’est ainsi réduite de 25%. (Voir fiche Comment la déforestation participe-t-elle au réchauffement)
Mais la végétation n’a pas dit son dernier mot. En effet, selon un rapport de la FAO publié en décembre 2009, les prairies auraient elles aussi un potentiel de stockage du CO2 considérable, encore supérieur à celui du couvert forestier. L’ensemble des prairies mondiales, qui forment 30% des surfaces terrestres non occupées par la glace, pourrait piéger près d’un milliard de tonnes de carbone par an ! Il est donc indispensable de les préserver.
Pour en savoir plus : http://www.fao.org/news/story/fr/item/38916/icode/
(Rapport intégral en anglais sur ftp://ftp.fao.org/docrep/fao/012/i1135e/i1135e00.pdf)
et http://www.epoca-project.eu/images/education/epoca-july2009_single_pages.pdf (en anglais)

